Réflexion sur l’influence d’Internet et des réseaux sociaux sur les médias traditionnels – Questionnaire soumis par les étudiants du cours de Webjournalisme de l’ULG.
NB: Ces questions sont principalement adressées à des journalistes d’info. Au sein de The Voice, je suis responsable éditorial et n’effectue donc pas de travail journalistique de terrain à proprement parler (les 4 V-Reporters sont nos journalistes entièrement dédiés au web). L’essentiel de ma tâche se situe au niveau de la gestion du site et de la transmission des guidelines au niveau des réseaux sociaux.
1. Parmi les réseaux sociaux suivants – Facebook, Twitter, Google+, LinkedIn – sur lesquels êtes vous présents et quelle utilisation en faites vous ? Pensez-vous que cela pourrait à court terme faire partie de vos attributions ?
A titre personnel, je suis présente sur FB, Twitter et LinkedIn. J’ai eu un compte Google+, mais n’ai pas été convaincue et me suis désinscrite ! L’utilisation de Facebook et Twitter fait pleinement partie de mes attributions. Une part non négligeable de mon travail se déroule effectivement sur ces deux réseaux sociaux : création de pages de Fan, de comptes Twitter et animation de ceux-ci.
2. Comme nous l’a indiqué votre collègue François de Brigode, être présent sur les réseaux sociaux cela prend du temps. Ce travail devrait-il être fait par un Community Manager ?
Cela prend effectivement du temps, mais eu égard à la quantité et à la diversité des programmes produits par la RTBF, il est impossible qu’un Community Manager seul, se charge de ce travail. Cette responsabilité incombe donc aux personnes qui connaissent le mieux les contenus diffusés sur les 5 chaînes de radio, trois chaînes de télévision et 5 portails web de la RTBF : les équipes de production (assistants de production, scénaristes, producteurs, présentateurs, portails managers) qui les créent. Le rôle du ou des Community Managers à la RTBF est de communiquer vers les équipes et de leur donner les outils nécessaires pour réaliser cet échange plus que souhaitable avec le public.
3. Avez-vous le réflexe de voir ce qui se dit sur les réaux sociaux, autrement dit considérez-vous ces derniers comme une source à part entière ?
On ne peut pas parler de source pour nous, par contre l’avis des internautes est pris en compte dans la fabrication même de The Voice Belgique. Dès avant l’émission, l’avis des internautes a été sollicité sur le Web et les réseaux sociaux. Et ces avis ont été continuellement relayés aux équipes de production qui en ont tenu compte. L’exemple le plus frappant est une polémique née sur le Web à propos du nombre de chansons anglaises jugé trop important par une masse significative de personnes. Ces avis ont été relayés et lors des Lives, le nombre de chansons françaises a été significativement relevé. Les invités variété des Lives de The Voice Belgique ont également été choisis dans un registre essentiellement francophone.
4. Est-ce que la perspective de pouvoir interagir avec les téléspectateurs vous intéresse ou bien est-ce que vous considérez que ce n’est pas votre rôle ?
Cela fait pleinement partie de mon rôle en tant que responsable éditorial du site de The Voice Belgique.
5. Selon vous qu’est-ce qui retient les chaînes de télévision européennes de miser davantage sur le potentiel des réseaux sociaux comme le fait CNN par exemple ? Est-ce la crainte d’un éventuel dérapage ou bien est-ce simplement une question de culture ?
Je pense que la vraie raison est qu’il est encore impossible de mesurer (en terme d’audience télévisée) si la présence sur les réseaux sociaux rapporte quoi que ce soit. A contrario, nous savons que la présence sur les réseaux sociaux rapporte énormément de trafic sur nos sites internet. Depuis 2010, iRTBF a été à l’origine de la création de dizaines de page Fan Facebook pour promotionner ses programmes. Jusqu’à The Voice, l’accent était principalement mis sur Facebook, Twitter étant considéré comme une niche. Mais comme vous le savez, The Voice a fait changer les choses =D
6. Un compte personnel sur FB, Twitter, etc … cela implique d’assumer son statut de « vedette » du petit écran. Craignez vous de vous mettre en avant comme peuvent le faire les présentateurs américains ou seriez-vous prêt/prête à jouer le jeu ?
Non applicable à moi ^_^
7. Remarquez-vous au sein de votre rédaction une différence d’intérêt pour le Net en fonction de l’âge des journalistes ?
Au sein de mon département (iRTBF), tout le monde est concerné par le Web, mais il faut reconnaître que la moyenne d’âge du département est assez jeune.
8. L’avenir de la presse écrite est menacé à moyen terme à cause de la concurrence du Web. Craignez-vous à votre tour que la concurrence grandissante des chaînes présentes sur internet et sur le câble ?
Je ne suis pas d’accord de dire que le web menace la presse écrite. Quoi qu’il en soit nous diffusons nos programmes (télé et radio) sur nos sites Internet.
9. Que pensez-vous des blogueurs/des geeks ? … des extra-terrestres ou la génération montante du journalisme ?
Le Web 2.0 qui a permis aux Internautes d’enfin prendre la parole est une très bonne chose pour tout le monde ! Les jeunes blogueurs apprennent à écrire et à driver une audience sur leur site. Les geeks s’échangent l’information sur les nouvelles tendances et les best-practices de leurs métiers respectifs. En résulte une émulation salutaire à tous les professionnels du web.
10. Par rapport à l’information « live », les chaînes de télévision francophones belges ont du mal à fournir des informations en temps réels lors d’évènements exceptionnels – on pense à la fusillade de Liège par exemple – tandis que le web propose des flux d’information en continu comme FranceTVInfo. C’est là votre point faible : des informations à heure fixe ?
Cette question s’adresse à la télévision J, il ne faut pas oublier que la RTBF, c’est 5 radios (avec des points d’information chaque heure et des émissions spéciales dès que l’actu le nécessite), 5 portails Web et trois chaînes de télévision. La Une télé a d’ailleurs bouleversé sa grille des programmes le 13 décembre dès que l’ampleur des faits a été avérée pour proposer aux téléspectateurs une édition spéciale du JT durant l’après midi.
11. La télé Internet-ready c’est déjà une réalité. Utiliser Facebook, Twitter ou bien Skype depuis votre divan, ça vous plairait?
Il y a encore du travail pour que les devices télé soient suffisamment user friendly pour rendre la navigation sur le web agréable. Les Smart TV sont d’ailleurs toujours très chères. Quoi qu’il en soit, la RTBF se prépare à ce nouveau marché.